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#1 13-03-2012 00:49:58

Les CoucouGirls
Membre
Date d'inscription: 26-01-2012

Japon : un an après le tsunami...

Un an après, on se souvient...

Nous avons toutes souvenir de cette catastrophe survenue au Japon.
Nous voulions dédier notre première news à ce triste anniversaire.



Dimanche, à 14h46 heure locale, les Japonais ont observé une minute de silence à la mémoire de ceux morts ou disparus lors de cette catastrophe. Un an avant, jour pour jour, dans la région de Tohoku, un séisme de magnitude 9 se produit et provoque un tsunami qui ravage la côte est du pays. En dix minutes seulement, des vagues allant jusqu'à quinze mètres s'abattent sur les littoraux et se répandent jusqu'à dix kilomètres dans les terres. Ce tremblement de terre est suivi par plusieurs répliques qui se font ressentir jusqu'à Tokyo situé à environ 400 kilomètres de l'épicentre.

S'en suivent des chiffres dramatiques : près de 16 000 morts, 450 000 évacués et près de 3 000 disparus. Les dégâts humains et matériels sont considérables. Des villages sont rayés de la carte et près de 600 kilomètres de littoral sont ravagés. On ne compte plus le nombre d'habitations détruites. Mais le tsunami n'est pas venu seul. Le 12 mars 2011, suite au tremblement de terre, une explosion se produit dans la centrale nucléaire de Fukushima dégageant un large nuage radioactif. Dans un rayon de 20 kilomètres, la région est contaminée et évacuée d'urgence. Nombreux Japonais se retrouvent sans toit. Le gouvernement japonais débloque 200 milliards d'euros pour la reconstruction estimée à 250 milliards.

Le 12 mars 2012, la situation a évolué. 15 millions de tonnes de débris ont été déblayés et nombreux habitants ont été relogés. Sauf ceux de la région de Fukushima. En effet, le gouvernement a décrété que la zone était dangereusement radioactive dans une période de 30 à 40 ans. Reste à savoir comment ces rescapés retrouveront un foyer.

Après le temps du bilan vient celui du souvenir. Dans tous le pays, à 14h46 dimanche, ont résonné cloches et prières. Tout le pays a été plongé dans le silence pendant une minute. Une grande cérémonie a été organisée à Tokyo en présence de l'empereur Akihito, tout juste sorti de l’hôpital accompagné de l'impératrice Michiko et du Premier ministre Yoshihiko Noda. La France aussi a voulu commémorer ce jour. Un rassemblement était prévu au Trocadéro à 6h46, heure française.

Le Japon a connu une tragédie le 11 mars 2011. Cet événement restera longtemps marqué dans les esprits des Japonais ainsi que dans les nôtres.

Le mot "kizuna" a été donné par les Japonais à l'année 2011. Kizuna signifie le lien et représente l'élan de solidarité né au lendemain de cette catastrophe. En espérant que l'année 2012 soit celle du "shousan" : l'espoir.


Gambare Nihon !



****



One year later, we remember...

We all remember this disaster that struck Japan.
We would like to dedicate our first news to this sad anniversary.



Sunday, at 2:46 PM, the Japanese observed a minute of silence in the memory of those people dead or missing during this disaster. One year before, at the same date, in the Tohoku region, an earthquake of magnitude 9 occurs and causes a tsunami which ravages the East coast of the country. In ten minutes only, waves up to fifteen meters hit the coasts and spread up to ten kilometers inland.This earthquake is followed by several aftershocks that are felt to Tokyo located about 400 km from the epicenter.

Here dramatic figures: nearly 16.000 dead, 450.000 evacuated and nearly 3.000 missing.The human and material damage is considerable. Villages are wiped out and nearly 600 kilometers of coastline are devastated. We cannot count the number of homes destroyed. But the tsunami did not come alone. On 12 March 2011, following the earthquake, an explosion occurred in the Fukushima nuclear power station releasing a large radioactive plume. Within a radius of 20 kilometers, the area is contaminated and evacuated urgently. Many Japanese have been left homeless. The Japanese government releases 200 billion euros for reconstruction estimated at 250 billion.

On 12 March 2012, the situation has evolved. 15 million tons of debris have been cleared and many residents have been relocated. Except those in the region of Fukushima. Indeed, the government declared that the area was dangerously radioactive in a period of 30 to 40 years. The question is how the survivors will find a home.

After the time of the report, this is the time of memory. In all the country, at 2:46 PM, bells and prayers resounded. The whole country was plunged into silence for one minute. A big ceremony was held in Tokyo in the presence of Emperor Akihito who just left the hospital accompanied by the Empress Michiko and Prime Minister Yoshihiko Noda. France also wanted to commemorate this day. A gathering was planned at the Trocadero at 6:46 AM French time.

Japan knew a tragedy on March 11th 2011. This event will long mark Japanese minds as well as ours.

Japanese gave the word "kizuna" to the year 2011. Kizuna means link and represents the solidarity born after this disaster. We all hope that the year 2012 will be that of "shousan": hope.


Gambare Nihon !


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#2 13-03-2012 23:13:24

ghost18
Ecto 18
Date d'inscription: 09-05-2007

Re: Japon : un an après le tsunami...

Malheureusement, il faudra bien plus que 40 ans pour rendre cette région habitable, voir même viable. En effet, d'après une rapide recherche, j'ai appris que nous ne parlons pas de durée de vie de la radioactivité, mais belle et bien d'une décroissance radioactive. Ce qui signifie que cette radioactivité restera encore, longtemps, néfaste pour la santé.
De mémoire, en regardant un reportage, les scientifiques parlaient plus de 100 à 110 ans pour repeupler une zone irradiée.
Sachant cela, si l'état japonais prend la décision de déclarer, au bout de 40 ans, la région de Fukushima habitable, il envoi son peuple à une mort certaine.

Si un forumien maîtrise le sujet (ce qui est très loin d'être mon cas), je l'invite à nous éclairer de ses connaissances.

Dernière modification par ghost18 (15-03-2012 18:39:01)


P'tit cake & Bibindom

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#3 17-03-2012 09:09:35

coucoucircus
Administrateur
Lieu: La Rochelle
Date d'inscription: 24-03-2006
Site web

Re: Japon : un an après le tsunami...

Merci, les filles.
Il est important qu'on se souvienne de cet événement et on ne doit pas oublier que le Japon demeure sinistré.
Je me permets de compléter ce post avec un petit dossier créé par l'association Shiosaï de La Rochelle, dont je fus vice-président et avec qui je garde de précieux liens.

Le Japon
Après le séisme du 11 mars 2011 et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi


Les réactions des autorités


1) Les messages du Japon à la communauté internationale

De l’Ambassade du Japon à Paris
"Un grand "MERCI" du Japon au monde entier pour son soutien !
Un simple "Merci" ne suffit pas à exprimer notre gratitude pour le soutien et les encouragements reçus du monde entier. Grâce à cette aide, nous reprenons le dessus petit à petit. Le Japon, avec la communauté internationale, réalisera une "reconstruction ouverte", tournée vers l’avenir, de manière à pouvoir rendre les bienfaits dont il a bénéficié."

De la ville de "Sendai"
"Venez visiter le Japon. Venez visiter le Tohoku. Cela contribue à notre retour à la normale !
Après le 11 mars, le nombre de voyageurs étrangers au Japon a considérablement diminué. La plupart des régions du Japon n’ont subi aucun dommage et, même dans celles qui ont été sinistrées, la vie reprend doucement son cours.
Séjourner au Japon n’est pas dangereux. Venez visiter le Japon, cela nous donnera de l’énergie pour reconstruire rapidement."

2) Le rapport d’enquête sur la gestion de la crise nucléaire

Le groupe des experts mandaté le 24 mai 2011 a mené 456 entretiens et rendra, à la mi-2012, son rapport définitif dont une version intermédiaire a été publiée le 26 décembre dernier. Il précise, sans concession, ce qui suit : « Il est inexcusable qu’un accident nucléaire n’ait pu être géré parce qu’un événement majeur tel qu’un tsunami n’a pas été anticipé » ; dans ce rapport, il apparaît nettement que « les responsabilités sont partagées par Tepco (Tokyo Electric Power Co.) et le gouvernement japonais ».

La Commission de Sécurité Nucléaire du Japon a passé 5 ans (2001-2006) à revoir ses règlementations par rapport aux séismes, mais aucun spécialiste des tsunamis n’en faisait partie. Tepco avait bien envoyé, en 2002, ses évaluations de risque aux autorités de sûreté nucléaire mais celles-ci n’ont pas fait de remarques particulières. Or, la centrale de Fukushima Dai-ichi a été conçue en prenant, pour référence, le niveau atteint par la plus haute vague observée au port d’Onahama, après le tremblement de terre au Chili, en 1960, à savoir 3,1 mètres au-dessus du niveau de la mer. En 2008, au sein de Tepco, pour la réévaluation des risques de tsunami sur ses sites, plusieurs hypothèses ont été avancées telles qu’une vague d’une hauteur de 9 mètres ou, même, de 15 mètres. Mais ces chiffres étaient jugés fort peu probables et Tepco n’a pris aucune mesure concrète.

3) L’opération "Portes ouvertes" de la centrale de Fukushima

Le 13 novembre dernier, pour la première fois depuis le tsunami du 11 mars, les autorités ont ouvert les portes de la centrale nucléaire de Fukushima à un groupe de journalistes. Ces derniers ont traversé, en bus, une zone dont le taux de radioactivité frôle la dose annuelle maximale imposée en temps normal, au Japon et dans la plupart des pays. Si le directeur de la centrale a affirmé que la situation était désormais sous contrôle, il a toutefois reconnu, devant les journalistes, "qu’il était encore dangereux d’y travailler". Pourtant, 3 200 employés y sont présents chaque jour, en semaine. Il a également précisé qu’il faudrait au moins 30 ans pour démanteler toutes les installations de la centrale.


La persévérance des crise


1) La crise de l’approvisionnement en électricité

La catastrophe de Fukushima a changé la donne énergétique au Japon. Le pays, qui comptait développer son parc nucléaire au-delà des 54 réacteurs qu’il possède déjà, doit entièrement revoir sa stratégie. Le Japon est, par conséquent, face à un immense défi énergétique.
Il faut savoir que 27% de l’électricité japonaise dépend du nucléaire. Actuellement, seulement 3 réacteurs sur 54 sont encore en service dans tout l’archipel. En effet, 51 réacteurs sont en arrêt pour un check-up complet qui va durer quelques années. La situation de la région de Tokyo est particulièrement sérieuse. Une grande campagne d’"économie de l’électricité" ne peut suffire. Une solution immédiate ou, du moins, à très court terme, s’impose. Le remplacement par d’autres sources d’énergie hydraulique ou renouvelable n’est pas réalisable du jour au lendemain.

Une des solutions envisagées pourrait être l’énergie produite par des centrales de l’hybride turbine à gaz/vapeur.  La ville de Tokyo envisage de construire, de toute urgence, une centrale de ce type, dans la baie de cette mégapole. La ville voisine de Tokyo, Kawasaki, en possède déjà une qui alimente ses administrés en électricité. Le délai de construction de ce type de centrale est relativement court par rapport aux autres types. La ville de Tokyo se dotera prochainement d’une centrale de l’hybride turbine à gaz/vapeur qui aura la capacité de fournir de l’électricité à un niveau équivalant à celui d’un des réacteurs nucléaires du site de Fukushima Dai-ichi.
Mais, la solution miracle n’existe pas. En effet, en contrepartie, le problème majeur de la dépendance aux matières premières sera accru du fait que le Japon est obligé d’importer 100% du gaz qu’il consomme. Par ailleurs, en raison de plus d’émissions du gaz à effet de serre, le Japon ne sera bientôt plus en capacité de satisfaire aux obligations imposées par le protocole de Kyoto.

2) Le traitement des déchets  maudits

Dans les villes du littoral nord-est du Japon, au total 22 millions de tonnes de détritus, équivalant aux 20 ou 30 ans de déchets habituels cumulés, s’entassent et attendent d’être traitées. Le Ministre de l’Environnement, M. Hosono répète : "Nous prenons des dispositions supplémentaires, comme la construction de sites temporaires d’incinération, mais même cela ne suffira pas". Il répète encore qu’"il n’y a pas d’autre solution que de faire appel à la solidarité nationale et de mobiliser des infrastructures dans toutes les régions pour se débarrasser rapidement de ces déchets".

Pour le moment, seule, la ville de Tokyo a accepté de prendre en charge une partie des débris, mais les autres localités n’ont rien décidé. Les autorités locales rencontrent l’opposition de leurs administrés qui craignent la contamination radioactive de leurs déchets, ainsi que les risques de dispersion lors de la combustion, fut-ce dans des lieux dédiés.

La hantise des radiations freine le traitement des déchets du tsunami.

3) La crise profonde des producteurs de produits alimentaires de la région de Fukushima

A peine sortis de la catastrophe du tsunami, les producteurs de produits alimentaires s’enfoncent dans une grande déprime personnelle, familiale et sociale. La préfecture de Fukushima et ses environs s’élèvent au rang de troisième grand producteur de riz au Japon. Cette région approvisionne également les Tokyoïtes en produits de la mer et en viande, ainsi qu’en légumes cultivés par ses nombreux maraîchers.
Il est exact que les produits contaminés sont en nombre très limité (d’après l’autorité sanitaire gouvernementale) et que la grande majorité des produits alimentaires provenant de cette région n’est pas concernée, mais la peur de la radioactivité sur les produits de cette région est omniprésente dans l’esprit des consommateurs. Malgré la grande campagne d’information menée par les autorités locales et le gouvernement central, la méfiance est amplifiée par un mouvement citoyen, assez puissant, qui focalise sur ce point, dans un objectif de protection de la santé des enfants.

L’atmosphère de déprime générale chez les producteurs de cette région se traduit dans les nombreux articles parus, tous les jours, dans les journaux où il est question de situations désespérées, de suicides, de faillites, de drames familiaux et de litiges avec la police.

Comment sortir de cette crise dans un tel climat de hantise de la radioactivité ?


La prise de conscience du peuple japonais et sa défiance envers ses dirigeants


1) Les manifestations politiques

La catastrophe de Fukushima a sonné la fin de la confiance aveugle de beaucoup de Japonais dans le gouvernement. L’année 2011 a marqué un changement d’état d’esprit au sein de la population japonaise. La gestion politique de la crise de mars a été l’objet de toutes les critiques, les informations officielles mises en doute. Durant l’été, de nombreux citoyens, dosimètres en main, ont publié leurs propres mesures de la radioactivité.
Autour de 60 000 personnes ont manifesté à Tokyo, mettant en cause le gouvernement et l’usage du nucléaire, un nombre surprenant pour un pays peu coutumier des défilés de rue. Du responsable de la reconstruction au chef du gouvernement, les démissions se sont succédées. La moindre gaffe d’un politicien pouvait lui coûter sa place.
Lors de la première manifestation des "indignés", au Japon, le 15 octobre, quelques 300 personnes ont manifesté contre la centrale nucléaire et ont demandé la dissolution de Tepco (Tokyo Electric Power Co). Cette manifestation mondiale, dit des "indignés", qui a débuté en Espagne, à la mi-mai 2011, a été relayée par quelques 2 000 personnes lors d’une manifestation anti-libérale, "Occupy Wall Street" (sit-in), à New York, à la mi-septembre. Au Japon, la cause des "indignés", ayant pour slogan "Contre la centrale nucléaire", a donc encore beaucoup de chemin à faire pour mobiliser vraiment les Japonais.
En revanche, une poignée d’activistes anti-nucléaires réussit à camper (sit-in) devant le Ministère de Economie, des Finances et de l’Industrie, à Tokyo, depuis, à la date du 25 janvier 2012, 124 jours, soit, en fait, depuis le 11 septembre dernier. Leur but est d’empêcher le redémarrage des 51 réacteurs arrêtés pour un check-up complet.
Pourtant, deux réacteurs seront redémarrés au mois d’Avril, et actuellement, le gouvernement est en train de chercher à obtenir le soutien des autorités locales de la préfecture de Fukui qui se situe à l’ouest du Japon.

2) La prise de conscience de la jeune génération

La catastrophe aurait provoqué une véritable prise de conscience de chacun. La vie est courte et ce qui nous y rattache, ce sont les liens entretenus avec les autres. D’après un sondage de la fin septembre 2011, 58% des jeunes de 20 à 39 ans considèrent "qu’après le 11 mars, leur conception de la vie a changé", cela se traduisant par les milliers de volontaires qui se sont rendus dans la région dévastée afin de venir en aide aux sinistrés.
Le sentiment de "Kizuna", qui signifie les liens entre personnes (ou solidarité) renaît. D’après un autre sondage de fin d’année, une grande majorité des Japonais ont choisi "Kizuna", pour occuper la première place des mots de l’année 2011. En réalité, l’essentiel est la vraie prise de conscience des jeunes Japonais, pourtant considérés, par certains, comme très individualistes ou solitaires.

3) Les interventions des mères de famille sur les réseaux sociaux

Des mouvements citoyens s’organisent avec, en première ligne, les mères de famille, soucieuses de la santé de leurs enfants. Ces mouvements ont débuté dans quelques quartiers de Tokyo où elles ont manifesté devant le supermarché local ou interpellé la direction des établissements scolaires en exigeant la transparence en ce qui concerne la non-radioactivité des produits qu’elles achètent et des aliments servis à leurs enfants dans les cantines scolaires. Ces groupes se sont multipliés depuis le mois de mars et se sont organisés et des milliers de "mères du bon sens" ont commencé à être actives sur les réseaux sociaux.
En juillet, s’est formé le Réseau National des Parents pour la Protection des Enfants contre les Radiations qui rassemble plus de 250 groupes de quartier et compte, aujourd’hui, à Tokyo, plus de 6 000 membres. D’autres réseaux se mettent également en place et les écoles ne sont pas leur seul champ de bataille. Leurs revendications montent en puissance et leur mouvement est devenu plus politique. Récemment, le Ministère de l’Education a, lui-même, déboursé 1 million d’euros pour permettre l’achat d’équipements de contrôle de la radioactivité des produits destinés aux cantines scolaires.


D’innombrables actions spontanées de solidarité


Quelques exemples

L’action "Entraide"

Originaire de la ville sinistrée de Sendai et professeur de philosophie de l’université à Tokyo, M. Saijo Takeo s’est rendu à Minami-Sanriku, deux semaines après le tremblement de terre. Il s’exprime ainsi : "C’est bien plus terrifiant et important que tout ce que j’avais pu voir dans les médias. J’ai su, à cette seconde-là, que ma vie ne serait plus la même. Tout de suite, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose".
Les sinistrés attendent les secours qui arrivent. Les infrastructures et le système de logistique sont complètement détruits. Des vivres de secours et des produits de première nécessité sont bloqués partout. M. Saijo a donc, instantanément, décidé de s’attaquer à ce problème et de s’occuper, lui-même et sans intermédiaire, du transport. De retour à Tokyo, il a lancé un mouvement avec ses amis. Son idée a consisté à reprendre la liste des produits nécessaires établie par les volontaires sur place pour permettre aux donateurs d’acheter un objet via un site de commerce en ligne. Les bénévoles se sont ensuite chargés d’aller les remettre, en mains propres, aux victimes.
Les bénévoles du projet travaillent autour des 600 refuges qui ont été installés de toute urgence, mais, aussi, auprès des personnes qui se trouvent en grande difficulté. Ils ont, d’ores et déjà, distribué plus de 10 000 objets et aidé plus de 20 000 personnes. De fil en aiguille, les bonnes volontés ont adhéré au projet. Ils étaient déjà plus de 1 000 volontaires bénévoles à fin juillet 2011.
L’opération "Sauver les photographies immergées".

Pour sauver des centaines de milliers de clichés récupérés au lendemain du tsunami, la Société Fuji Film et des milliers de volontaires se sont mobilisés. Grâce au réseau Twitter, ce projet a rencontré un succès inattendu. Dans l’usine de Kanagawa, au mois de juillet, 1 200 volontaires ont nettoyé 170 000 clichés. Rien que dans la région de Kesennuma, plus de 1,2 million de photographies ont été retrouvées. Certaines seront rendues directement à leurs propriétaires, tandis que d’autres seront renvoyées à Nadori, dans l’espoir qu’on vienne les chercher. Il y a aussi toutes les photos irrécupérables qui, elles, seront brûlées au temple, en mémoire de ceux à qui elles ont appartenu.

Une jeune femme volontaire s’exprime avec émotion : "Il y avait là toute la vie d’une femme, de sa naissance à son mariage. En nettoyant ces photographies, j’ai eu l’impression de la connaître, c’était bouleversant".

Une vieille dame expliquait, dans une lettre de remerciements adressée aux membres de cette opération : "En me ramenant mes photographies à la vie, c’est à la vie que vous m’avez ramenée".


La solidarité entre villages


En accueillant quelques 1 000 sinistrés, équivalant à 20% du nombre de ses administrés, un petit village de 5 000 habitants a fait mieux que les grandes villes.

Dans la préfecture de Gunma (parc national d’Oze), voisine de celle de Fukushima, et, en fait, à cheval entre ces deux régions, le village de Katashina a pris l’initiative. Son Maire a immédiatement décidé d’utiliser les chambres vides de sa commune après les annulations massives ayant suivi le séisme. En accord avec le syndicat des hôteliers et la préfecture de Gunma, Katashina a débloqué un budget pour accueillir, dans l’urgence, 1 000 sinistrés de la ville de Minami-Soma, ravagée par le tsunami. Cette initiative a attiré l’attention et de nombreux villages ont suivi cet élan de solidarité.

Engagée dans cette action, une patronne d’un hôtel-auberge de Katashina s’exprime ainsi : "J’essaie de créer une bonne ambiance avec les autres pensionnaires pour que tout le monde se sente à l’aise" et "Les sinistrés ont besoin de se sentir utiles, ils participent volontiers aux tâches ménagères, à la cuisine ou travaillent dans le champ voisin". Et elle ajoute : "Il y a de la place, ici, pour tout le monde et je souhaite simplement que les sinistrés puissent reprendre une vie normale le plus vite possible. Je sens que j’agis aussi, quelque part, pour moi".


Les actions en Charente-Maritime


L’association « Shiosai » de La Rochelle

L’ambassade du Japon à Paris a lancé un appel au secours et, bien entendu, toutes les associations franco-japonaises de France ont répondu à cet appel. Quant à nous, à La Rochelle, nous avons sollicité les adhérents de l’association "Shiosai", lesquels ont tous manifesté leur solidarité avec le peuple japonais.
Tout d’abord, trois jeunes femmes japonaises résidentes à La Rochelle, deux étudiantes et une jeune maman mariée avec un Français, ont participé à "La Sarabande des Filles de La Rochelle", course pédestre féminine, pour manifester leur soutien aux victimes du séisme au Japon. Par manque de préparation et de temps, le public rochelais n’a pu être informé de cette participation spontanée et, en fait, décidée au dernier moment.
Au mois de mai, les 21 et 22, en collaboration avec la ville d’Angoulins sur Mer, "Shiosai" a organisé, toujours au profit des victimes du séisme, une manifestation autour de la culture japonaise, incluant une exposition des photographies prises au Japon par un membre de cette association, ainsi qu’une vente d’objets japonais donnés par un grand nombre d’adhérents et de sympathisants.
Par ailleurs, au mois de juin, le Golf Club de La Prée, à Marsilly, a organisé une collecte de dons.
L’association « Shiosai » a ainsi pu verser un montant de 4 082 euros à Min-Iren (association de médecins) au Japon, fin août 2011. Une très sincère lettre de remerciements a rapidement témoigné de la gratitude des bénéficiaires de ce don.

Indépendamment de "Shiosai", d’autres actions ont été menées à La Rochelle. Un couple franco-japonais a organisé, à son domicile, une petite soirée intitulé "Piano bar pour les sinistrés japonais" et le montant collecté s’est élevé à 1 300 euros. Des activités de ce type ont été nombreuses dans notre région, à Niort, à Rochefort et à Limoges.

Les ostréiculteurs de la Charente-Maritime

Autour d’entreprises charentaises-maritimes, du Comité Régional Conchylicole du Poitou-Charentes et de la Chambre de Commerce et d’industrie de Rochefort et de Saintonge, un mouvement de solidarité pour une urgente reconstruction des parcs ostréicoles de Minami-Sanriku s’est mis en place. Ce vaste mouvement, fédérateur de la solidarité ostréicole française, s’est organisé pour répondre à l’appel à l’aide des ostréiculteurs japonais de la région de Minami-Sanriku. La motivation était d’autant plus forte qu’il s’agissait de « faire réciprocité » pour toute l’aide que cette région avait, dans le passé, apportée à la filière ostréicole française pour "sauver" ses huîtres, en particulier dans les années 70 et 90.

Association culturelle franco-japonaise de La Rochelle  - "Shiosai" -


Pour terminer, quelques photos qui rendent compte à la fois de l'ampleur de la catastrophe, mais également de la volonté du peuple japonais à relever la tête une fois encore...


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#4 11-03-2019 09:06:36

maitrishah3
Membre
Date d'inscription: 11-03-2019

Re: Japon : un an après le tsunami...

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